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 JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.

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MessageSujet: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mar 15 Nov - 20:30


Jean Grey-Summers


PHOENIX
37 ANS
HETEROSEXUELLE
MARIEE
MUTANTE
X-WOMAN


caractère

Au premier abord, Jean Grey est une femme relativement impressionnante qui renvoie cette impression de femme mature, sûre d'elle, et d'un calme olympien. Au fond, cette image véhiculée par la mutante n'est pas totalement fausse, mais cela ne l'empêche pas d'être discrète, renfermée voir même introvertie. C'est cependant quelque chose qu'elle cache aux regards des gens, préférant passer pour une femme un peu hautaine plutôt qu'exposer ses faiblesses au grand jour. Grâce à son intelligence et son ambition, Jean est détentrice d'un master en psychologie : ajouté à ses talents d'empathe, cela fait d'elle une excellente thérapeute, toujours à l'écoute de ses élèves ou de ses proches afin de leur donner les meilleurs conseils qui soient.

Malgré cette apparence de femme belle et intelligente, pourtant avérée, Jean est une femme complexée et pleine de doutes. Bien entendu, ces derniers ne sont partagés qu'avec de rares élus, mais son souci de la perfection s'applique à elle-même par-dessus tout et elle est loin de se trouver parfaite. Sa minutie parfois poussée à l'extrême peut cependant se révéler être une qualité en mission, qu'elle soit à l'Institut ou sur le terrain. À cela s'ajoute une âme méthodique et consciencieuse, ce qui fait d'elle une alliée de poids.

Afin d'assurer son rôle de professeur, de mentor et parfois de médecin, la douce et sereine Jean sait faire preuve d'autorité et d'une main de fer lorsqu'il le faut. Mais ceux qui la connaissent savent que son ton autoritaire ne dure pas et que derrière ses iris sérieuses se cache la plus grande des douceurs.

Car au final, en Jean se cache une femme d'une sensibilité difficilement comparable, passionnée en amour comme en amitié ou dans sa vie professionnelle. Jean s'implique à fond dans tout ce qu'elle entreprend, ignorant même la possibilité d'un échec, et ce, non pas par optimisme, mais parce qu'elle pense que c'est ce que les gens attendent d'elle et qu'elle ne veut décevoir personne.


capacités

La Télépathie est la particularité principale et surtout, la plus puissante de Jean. En effet, ce pouvoir se scinde en plusieurs atouts qui sont utiles autant de façon offensive que défensive. Cependant, ces habilités variées et puissantes viennent avec un prix à payer, et au final, représentent à la fois la plus grande force mais également la plus grande faiblesse de la rousse.

De façon défensive, la télépathie de Jean lui permet entre autres de masque sa présence et celle d'autres mutants, non seulement aux autres personnes mais également à des engins du même acabit que le Cerebro ou encore d'autres télépathes. Dans le même registre, elle est capable de détecter la présence d'un autre mutant mais dans un périmètre encore relativement réduit. Un bouclier psychique lui permet d'assurer la protection de son esprit et celui d'autres personnes, tandis que le camouflage télépathique lui donne la capacité de modifier les perceptions de ceux qui l'entourent afin qu'ils aient une vision différente -ou inexistante- d'elle-même ou des gens qu'elle cherche à protéger. Bien entendu, ces choses-là ont également des limites, et il va sans dire qu'il est plus difficile d'utiliser de tels subterfuges sur un nombre de personne important.

De façon plus offensive, la télépathie de la rouquine peut se manifester d'autant de manières que précédemment. Tout simplement, elle peut d'abord tout comme son mentor le Professeur Xavier, entrer dans l'esprit des gens et ainsi contrôler les pensées, les actions d'autrui, mais également les posséder afin d'utiliser le corps hôte comme étant le sien. La mémoire peut également être modifiée, restaurée ou illusionnée par Jean (ce qui est capable d’entraîner une amnésie totale ou un changement drastique de la personnalité), tandis que d'un autre côté, il lui est possible de paralyser physiquement ou mentalement son sujet de façon temporaire.

Certaines autres capacités télépathiques de Jean sont encore peu exploitées et relativement bancales, comme l'augmentation de la vitesse des signaux neuronaux afin d’accroître les pouvoirs d'un mutant tiers ou à l'inverse, l’habilité de placer des inhibiteurs psychiques dans l'esprit de mutants adverses afin de bloquer l'accès et l'utilisation de leurs pouvoirs. Ces deux points sont cependant temporaires et moins utilisés par la mutante qui rechigne, question d'éthique, à empiéter sur les pouvoirs d'autrui.
L'aspect qu'elle utilise le plus concernant la télépathie est sans doute la capacité à créer un lien mental avec quelqu'un et qui agit comme une connexion directe avec la personne, permettant à cette dernière et à Jean de communiquer de façon discrète et donc, sans se faire repérer dans une situation délicate. C'est également très utile quand les communications téléphoniques ou radios sont coupées et qu'il faut prévenir un collègue en urgence.

Autre point plutôt pratique de la télépathie et qui requiert l'imagination de la rouquine : la création d'illusions mentales au réalisme si prenant qu'elles sont capables de convaincre les gens qui les subissent de leur véracité.
Pour finir sur les capacités liées à la télépathie de Jean, elle est capable de projection astrale dans l'esprit d'autrui. De façon similaire, elle également dôtée d'un don de transfert qui lui permet de transférer son esprit et ses pouvoirs dans d'autres hôtes si son enveloppe physique est altérée ou détruite. À nouveau sur le plan astral, elle peut également projeter des forces psychiques afin d'étourdir ou rendre inconscients des adversaires sans pour autant porter atteinte à leur physique. Si elle force trop ces boules d'énergie psionique, il est possible que la victime tombe en état de mort cérébrale.

Sans aucun doute lié à sa nature de télépathe et à la façon dont ses pouvoirs ont vu le jour, Jean se révéla rapidement être dôtée d'Empathie puissante. Si elle en fut longtemps la victime, ces pouvoirs empathiques lui permettent désormais, par extension et étroit lien avec la télépathie, d'influencer sur les émotions d'autrui : modifier un sentiment pour un autre, manipuler une sensation, amplifier une émotion. Cependant, en période de grand stress émotionnel, il arrive encore à Jean de ne guère contrôler cet aspect d'elle et ses émotions trop fortes deviennent incontrôlables jusqu'à en influencer le reste de ses capacités.

En plus de ces talents premiers d'empathe et de télépathe, Jean est dôtée de capacités Télékinétiques  non négligeables. La télékinésie permet à la mutante de manipuler des objets par la simple force de son esprit : l'inconvénient est que plus l'objet est conséquent, plus il sera difficile à Jean de le déplacer ou de le manipuler à sa guise. Cette capacité requiert un certain degrés de concentration afin de ne provoquer aucun accident mais la rousse a put atteindre la sérénité intellectuelle nécessaire à l'utilisation de ce pouvoir au fil de longues années d’entraînement.

En outre, Jean est capable de simuler le vol en se déplaçant elle-même à travers les airs, de générer des écrans de protection pour elle et autrui, ainsi que de stimuler les molécules afin de créer de la chaleur et par extension de l'énergie sous forme d'éclats ou d'explosions.

À ce jour, si Jean peut se targuer de maîtriser ses pouvoirs, elle le doit en grande partie au Professeur Xavier pour son enseignement et sa patience, ainsi qu'à de longues années d’entraînement. On ne peut ignorer le rôle des X-Men dans cet apprentissage et si aujourd'hui la stabilité psychique de Jean est une réussite, c'est également grâce à beaucoup d'entre eux.

Pourtant, ce qui paraît si solide et ancré s'écroule déjà comme les fondations d'une maison incendiée. Les braises rongent les piliers si durement mis en place. Les flammes langoureuses lèchent dangereusement les poutres porteuses. Un vent puissant souffle sur le brasier, ne cessant de l'alimenter jusqu'à ce qu'il ne reste que des cendres. Et sur le lit de cette poussière noire encore chaude, l'insolente braise continue de rougir. Incandescente. Jusqu'à émerger des cendres, un scintillement qui croit jusqu'à éblouir, cramer la rétine, embraser les sens et la raison.
Le Phoenix.

Si l'entité dénommée Phoenix a jeté son dévolu sur Jean ce n'est pas par hasard, mais bel et bien en partie à cause de ses capacités empathiques remarquables. La nature céleste et puissante de la Force Phoenix entraîna de nombreux changements sur les capacités mutantes de Jean une fois hôte.

Tout d'abord, sous l'influence du Phoenix, les dons de télépathie et de télékinésie de Jean atteignent une puissance sans limite.
Dans ses circonstances de soumission à la force céleste, Jean tire un avantage non négligeable en la possibilité d'absorber l'énergie vitale d'un individu pour la transférer à un autre, permettant dans certains cas de ramener les morts à la vie. Cette méthode lui permet non seulement de se soigner ou encore de se ressusciter elle-même. Pour ce dernier point en revanche, il y a une limite concernant la rapidité avec laquelle cette auto-résurrection peut se faire. Même en dehors de ce point, lorsque Jean et Phoenix ne font qu'un, l'entité corporelle de la mutante est considérée comme immortelle et ne semble pas affectée par le temps ou le vieillissement. Bien entendu, cela n'est possible seulement lorsque la Force Phoenix prend le contrôle total du corps de Jean dont il ne reste qu'une conscience enfermée.

L'origine céleste du Phoenix confère à Jean des capacités à la hauteur de l'entité qui l'habite : le voyage interstellaire, la téléportation cosmique d'elle-même et autrui en sa compagnie, la manipulation temporelle lui permettant d'influer sur passé, présent, et futur, quelles qu'en soient les conséquences.

Le Phoenix se manifeste également par la capacité de pyrokinésie cosmique qu'il confère à son hôte : le feu alors créé par Jean est immuable et peut survivre même sans oxygène ou noyé. La force de son brasier est telle que lorsque les flammes consument un objet ou un individu cela se passe au niveau moléculaire même et il n'en reste rien, pas même des cendres. Heureusement, le Phoenix à travers Jean a un contrôle total de ce feu destructeur et ce qu'il brûle dépend de sa volonté. Il n'est pas impossible que la manifestation de ce feu dû au Phoenix soit également amplifiée par la force des pouvoirs télékinétiques de la rousse.

Enfin, en plus de l’absorption vitale, Jean en tant qu'hôte du Phoenix peut également absorber l'énergie afin de la manipuler par la suite. Une fois encore, il ne semble n'y avoir aucune limite à cette capacité car elle est capable d'aspirer tout type d'énergie, d'un trou noir à une galaxie entière.

Au stade actuel, le Phoenix est profondément endormi à l'intérieur de Jean et ni elle, ni personne, ne se doute de sa présence.

En dehors de ses capacités en tant que mutante ou qu'hôte du Phoenix, Jean est cependant capable de se débrouiller toute seule, faisant preuve d’habilités acquises grâce à des années d’entraînement. On dénote notamment une excellente maîtrise du combat au corps-à-corps et un sens stratégique particulièrement efficace en reconnaissance tactique. Cependant, elle préfère quand même utiliser sa télékinésie et sa télépathie en plein combat. En outre, son master de psychologie et ses études de médecine font d'elle un atout considérable sur le terrain.


histoire


I'm not Phoenix. I'm my own woman and before
I'm done they'll wish I were the Phoenix.


Chaque esprit possède son empreinte. Une aura propre à chacun, unique, et qui s'exprime de bien des manières. La violence. La douceur. La puissance. De toute mon existence, je n'aurais jamais pensé rencontrer quelqu'un avec un esprit comme l'est celui de Jean Grey. Parfois, je culpabilise. Parce que je sais ce qu'il va se passer. A cause de moi. De cette soif de supériorité et de destruction. Mais nous n'avions pas le choix. Ni elle. Ni moi. Parasite inévitable. J'essaie d'imaginer ce que serait sa vie sans que je ne m'apprête à la gâcher. Ma honte est vite étouffée. J'avais besoin d'elle, sans doute encore plus qu'elle n'avait besoin de moi. J'avais besoin de sa force. De sa puissance. Et Jean avait besoin de vivre. Pour elle. Pour eux.
Pour lui.

Au premier abord pourtant Jean Grey était une enfant ordinaire, cadette d'une famille américaine se rendant chaque dimanche à l'église épiscopale d'Annandale-on-Hudson. Son père enseignait au département d'histoire du Bard College, tandis que sa mère avait abandonné sa carrière pour se consacrer à l'éducation de ses enfants. Sara, l'aînée, faisait de l'équitation deux fois par semaine. Jean quant à elle, se cantonnait à prendre des cours de dessin. C'est pendant ces leçons d'art que Jean rencontra celle qui allait devenir sa meilleure amie : Annie Richardson. Les deux enfants étaient inséparables, et il n'était pas rare que John et Elaine Grey invitent Annie à leurs sorties familiales.

On dit que le malheur engendre le malheur. Qu'en-est-il du bonheur ? Pourquoi, alors que tout semble aller pour le mieux, un évènement inévitable fait soudainement basculer la vie de tous ces gens-là ? Certains appellent ça la malchance. D'autres, la fatalité. Personnellement, je ne crois ni au hasard, ni aux coïncidences. Sans cet évènement, je ne serai pas ici à ce jour. Peut-être était-ce prédestiné. Peut-être était-ce la providence ou quelconque force céleste qui, en cette soirée de juillet quatre-vingts dix, fit en sorte que la jeune Annie fusse heurtée par cette voiture sous les yeux de sa meilleure amie.
Explorer ce moment n'est pas quelque chose d'agréable pour Jean. Pour autant, j'en jubile. Car je le sens qui s'agite, se réveille. Explose. Le génome X. Jean elle, petite enfant de dix ans, ne se doute pas du phénomène qui opère dans son être. Elle en ressent néanmoins les conséquences. Le corps d'Annie serré contre le sien, son sang tâchant ses vêtements, son visage encore doté des rondeurs enfantines. Elle sent la douleur d'Annie comme si c'était la sienne. Les os brisés, les débris qui s'enfoncent dans les poumons, ces derniers s'emplissant de sang que la brune recrache alors que c'est Jean qui tousse. Et même si Annie ne parle pas, la bouche pleine de pourpre, Jean l'entend hurler dans sa tête. Elle entend les suppliques de sa meilleure amie, priant un Dieu absent pour que tout cesse. La rouquine n'entend même pas le conducteur appeler les urgences. Elle n'entend que la voix d'Annie, jusqu'à ce que celle-ci vacille. S'éteigne.

Les jours suivant l'accident ne furent pas aisés pour la petite Grey, victime de maux de têtes récurrents, de crises de larmes. Elle n'adressait plus la parole à qui que ce soit. Ses parents et sa soeur pensaient que c'était simplement dut au choc d'avoir vu Annie mourir. Ils n'avaient pas totalement tort, mais étaient encore loin de se douter de la vérité. À la cérémonie funéraire, Jean fugua, ne supportant pas la migraine, et encore moins les émotions intenses qui traversaient son corps comme son esprit. Sa fugue ne dura guère plus d'une journée, mais c'était déjà bien suffisant pour une enfant de dix ans.
Plus les jours passaient, plus l'état de Jean se dégradait. Au bout de quelques semaines pendant lesquelles elle endura les intrusions de voix inconnues dans sa tête, Jean s'isola dans sa chambre. Malgré ça, elle les entendait, au rez-de-chaussée. Les pensées inquiètes de ses parents, les peurs de sa soeur. En dépit de son jeune âge et de sa dépression, Jean consentit finalement à la requête de sa famille pour consulter un spécialiste. C'est aujourd'hui encore cette manie de vouloir prendre soin des autres et faire plaisir à autrui qui poussa Jean dans mes bras.

C'est donc par le biais de son père que Jean rencontre le professeur Charles Xavier, John ayant côtoyé à l'adolescence Charles pendant deux années lors de leurs cursus respectifs dans l'établissement où il enseignait désormais.
La première rencontre avec Charles est un évènement marquant dans l'esprit de Jean, tout comme un tournant important dans sa vie entière. Plus qu'un simple professeur, Charles se montra amical et sincère avec l'enfant dès les premiers instants, lui parlant comme à son égal. L'incompréhension à l'annonce de sa condition de mutante, mélange d'excitation et de frayeur, est encore bien présente dans l'esprit de Jean. Presque palpable. Pour autant, l'enfant fit promettre à Charles de ne rien révéler à ses parents sur sa véritable nature. Peur juvénile de décevoir, de voir leur regard changer. Cette préférence stupide de paraître malade plutôt que différente. Je ne comprendrais jamais ce côté de sa personnalité. Même si c'est l'une de ces peurs profondes qui forgea la force qui m'a tant attirée chez Jean.

Cette même force qui effraya Charles dès les premières séances au domicile Grey. Ce ne fut pas quelque chose qu'il avoua à l'enfant, bien entendu, mais je ne suis pas dupe. Pour endiguer la puissance des pouvoirs télépathiques de Jean en attendant qu'elle possède la maturité nécessaire à leur utilisation, le professeur mit en place des barrières dans son esprit. Il l'entraîna cependant régulièrement pendant deux ans à la maîtrise de ses dons d'empathe, lui apprenant à les contrôler pour à nouveau pouvoir vivre en société sans se faire assaillir par les émotions des autres.
Comme j'ai besoin des pouvoirs de Jean à un certain niveau, le professeur ne se priva pas de les utiliser afin de calibrer une machine de son invention portant le nom de Cerebro.
C'est pendant l'une de ces séances que je rencontrais Jean pour la première fois. C'est un phénomène étrange à expliquer et moi-même je n'en saisi toujours pas l'origine exacte. Je n'étais pas là, à des années-lumières de l'enfant, dont je ne connaissais alors même pas l'insignifiante existence. Pourtant, et en dépit des barrières, l'esprit de la jeune Grey sembla atteindre le mien. Phénomène inexpliqué. Inexplicable. L'esprit de Jean s'intensifia et passa furtivement dans les pensées d'un autre enfant alors endormi. Rêve furtif aux allures d'oiseau de feu. Il s'agissait de notre première rencontre avec Scott Summers, totalement inconscient de ce que cela signifierait à l'avenir. Moi-même alors, reflet d'une flamme au fond d'un esprit d'enfant, je ne me doutais pas de l'ampleur qu'allait avoir ce garçon sur la vie de Jean. Cette dernière encore moins.

Est-ce mentir de dire que je me souviens de la première fois où nous avons vu Scott Summers ? Je n'étais pas vraiment là, pas comme Jean, mais désormais ses souvenirs sont les miens, ses émotions m'appartiennent. Comme si nous ne faisions qu'un. Je peux ressentir exactement le trouble qu'elle a ressenti alors, qu'adolescente, elle croise Scott pour la première fois. Elle ne connaît pas son nom, son identité, et pourtant, elle est persuadée de le connaitre. Charles nous présente. Il explique à Jean qu'elle est la cinquième à entrer dans cette école particulière qui porte le nom d'Institut Xavier. Ce dernier, n'a pas été des plus honnête avec John Grey et son épouse, cachant le fait que l'Ecole pour Jeunes Surdoués du Comté de Wetchester servait de couverture à de plus grands desseins. En entrant dans la petite équipe formée par Xavier, la rouquine prend le pseudonyme de Marvel Girl. Le groupe se nomme les X-Men, référence à la fois au gêne X qui fait d'eux des êtres d'exception, et au nom de leur mentor et presque père, Charles Xavier. Des grands noms, des pseudonymes de héros, tout cela pour une bande d'adolescents qui rêvent de sauver l'humanité d'autres mutants plus sévères envers leur cousin humain.
Je les observe, dans les souvenirs que Jean m'a offerts. Ils ne sont que des enfants, soudés comme des amis, réunis par le même gêne. Ils croient en leurs rêves, leurs idéaux inculqués par Xavier. Les entraînements, les missions, Jean y croit également dur comme fer.

Pour la rouquine, c'est la première fois depuis longtemps qu'elle se retrouve réellement en compagnie de jeunes de son âge. Au début, elle ne disait pas grand chose, au milieu de ces garçons qui se connaissaient déjà tous avant qu'elle ne fasse son arrivée. Sa timidité passant pour une sorte de froideur les premiers temps. Et un jour, quelques semaines après son arrivée et alors qu'ils sont en train de prendre le repas, un des garçons lance une blague. Un peu nulle, mais qui fait rire aux éclats la jeune fille qu'est Jean à l'époque. Cela semble briser la glace, comme par magie, et l'intégration au groupe se fait beaucoup plus facilement à partir de ce jour pour la rousse. Peut-être est-elle aidée par le charme qu'elle dégage maintenant qu'elle sourit au monde et qui agit sur ses compagnons sans qu'elle ne s'en rende compte. Étrangement, il en avait un qui ne semble par charmé par la rouquine, et il s'agit du seul qu'elle aurait vraiment voulu. Scott. Agissant de façon toujours froide avec elle, plus distant qu'on ne pourrait l'être. Ce fossé entre eux empêche Jean de faire un quelconque pas envers son coéquipier. Alors elle étouffe les braises naissantes sous un épais lit de cendres froides. Éteint délibérément le volcan au fond d'elle. Pourtant, elle l'aime. Sans même comprendre ce que ce mot signifie en dehors de la famille, de l'amitié. Elle a le sentiment de l'avoir aimé depuis leur brève rencontre mentale. Mais à quoi bon s'obstiner avec quelqu'un d'aussi têtu et qui ne l'apprécie que pour son utilité en mission ?

Les missions, les entrainements, tout cela s'enchaîne pendant de longues semaines au cours desquelles la petite équipe des X-Men apprend à se connaître, à travailler ensemble, à vivre ensemble. Jean s'épanouit plus que jamais.
Au bout de quelques temps, ses parents décident de l'inscrire au Metro College ou elle commence un cursus en psychologie. Le jour du départ est difficile, certains ayant plus de mal à l'accepter que d'autres, mais le professeur Xavier comprend la position des parents de Jean. Au moment de partir, le professeur offre un présent à la jeune femme de la part de toute la petite équipe. S'il est difficile pour elle de ne pas verser de larmes en cet instant, c'est à cause de la reconnaissance qu'elle voue à chacun de ses hommes pour avoir eu le privilège, ne serait-ce que pour un temps, avoir été l'une des leurs.
Jean accueille cependant le Metro College les bras grands ouverts et si les premiers temps sont agréables, un vide grandissant s'installe en elle. L'Institut lui manque, le professeur Xavier lui manque, ses amis et coéquipiers lui manque. Et par-dessus tout, Scott lui manque. Ses regards cachés derrière ses lunettes indispensables, mais n'ajoutant que de l'arrogance à son attitude. Ses piques sarcastiques précédant une indifférence totale. Plus la rouquine essaye de renoncer à ce qu'elle ressent, moins elle y parvient. C'est comme ces gens qui soufflent sur un feu en espérant l'éteindre. Ils ne font qu'alimenter l'incendie ravageur. Sortir avec d'autres garçons n'y change rien non plus.
À cela s'ajoute la fatigue. De devoir se cacher de sa condition mutante alors que depuis son entrée à l'Institut, elle pouvait la vivre au jour le jour. Tous ces évènements et toutes ses émotions ne tardent pas à convaincre la jeune fille de quitter l'établissement pour revenir à l'Institut. Peu désireuse cependant d'abandonner ses études ainsi, elle continue son cursus par correspondance, se déplaçant à New-York City pour les examens.

Vient finalement ce fameux jour, l'un de ceux qu'il est le plus agréable d'observer dans l'esprit de Jean. Notre esprit. Tout comme elle, y penser me procure joie, nostalgie. Indépendamment, je bénis ce jour. Car sans lui, sans cette soirée dans la vie de Jean Grey, elle ne se serait jamais sacrifiée.
C'est soir de fête dans un petit restaurant de Greenwich Village, car l'un des membres de l'équipe fête son anniversaire. Au fil des missions, du temps passé ensemble, les adolescents sont devenus de jeunes adultes sans doute un peu plus tôt que la normale. C'est ce qui arrive quand on est confronté à un risque de mort récurent et au danger permanent.
Presque avec reconnaissance, j'observe ces jeunes adultes, grands enfants, se délecter d'un soir comme ils n'en ont que rarement. Un soir comme s'ils n'étaient que des personnes normales. Les plats s'enchaînent, les discussions, les rires, les bouteilles de vin. Jean elle, n'est pas du genre à boire, mais pour cet anniversaire elle se le permet. Parce qu'elle se sent en sécurité avec ces gens-là, parce qu'elle leur fait confiance. C'est à cause du rouge qui a un peu trop coulé dans sa gorge qu'à la sortie du restaurant, elle flotte sur ses talons. Ou bien titube-t-elle ? Quoi qu'il en soit, l'un de ses bras serre le châle par-dessus sa robe et l'autre, machinalement, viens passer en dessous celui d'un de ses compagnons pour s'y accrocher. Se rend-elle seulement compte qu'il s'agit de Scott ? Le vin n'était-il qu'une excuse ? Qu'importe, il ne la repousse pas, pas cette fois. Pas ce soir.
La petite troupe avance dans les rues de New-York, se dirigeant vers la deuxième partie de soirée. Peu à peu, c'est deux groupes qui se forment. Un plus avant, chantant dans la nuit américaine, hélant les filles également de sortie. Un plus en retrait, simplement composé de Jean et Scott. Des mots sont échangés, quelques banalités déformées par le vin, mais pas seulement. Alors qu'ils passent sous un lampadaire et que la pluie se met à tomber plus tôt que prévue, un enchaînement. Force implacable du destin. Les lèvres qui se sont insultées pendant des années se scellent. Explosion de lumière. Le goût du bordeaux sur les lippes, qui se mélange à la pluie désormais battante. Une main qui se perd dans une coiffure tangerine, des doigts qui s'accrochent à une chemise. La vie a beau eu prendre des courbes, des demi-tours, les chemins ne semblaient pouvoir mener qu'à cette issue. Ce commencement. Les braises si longtemps enfouies s'embrasent avec la force d'un ouragan. Tempête solaire. Détruisant tout sur son passage. Doutes. Incertitudes. Craintes. Toutes ces choses qui n'avaient raison d'être ne sont désormais qu'un pâle souvenir. Sans importance. Futile. De ce baiser dépendra le reste de la vie de Jean. Survie. Espoir.
Damnation.
Condamnation.

Vivre avec les X-Men est quelque chose d'unique. D'exceptionnel. Chaque jour que Dieu fait, Jean se rend compte de la chance qui est la sienne, sans pouvoir contrôler la fierté et le bonheur qui s'emparent d'elle. Bien sûr, leur quotidien est mouvementé, mais les aventures et les missions font partit du contrat. C'est aussi ça, qui rend chacun des membres aussi vivants.
Quelques mois après le début de sa relation avec Scott, c'est un Professeur Xavier à l'air soucieux qui convoque la rousse en retour de mission. Sans prendre le temps de se changer, elle se rend dans le bureau du professeur, se tordant machinalement les doigts. Elle est capable de ressentir l'inquiétude de Charles, car elle la ressent également. Encore une fois, l'empathie de Jean ne la trompe pas. Le professeur lui explique qu'il a découvert l'existence d'une race extra-terrestre, lors d'un de ses sondages mentaux, s'apprêtant à prendre la Terre pour cible. Dans le but de se préparer à cette invasion, il exprime son besoin de s'isoler totalement dans les sous-sols du manoir et qu'en attendant, un mutant métamorphe prendra sa place au sein de l'équipe afin de ne pas inquiéter les autres X-Men. A ce moment-là, l'incompréhension est grande chez Jean qui se laisse tomber dans un fauteuil. Les questions n'ont pas besoin de franchir ses lèvres que déjà, Charles lui offre des réponses. S'il lui avoue tout cela, c'est car il a besoin d'elle pour remplacer et maintenir le lien télépathique entre les membres de l'équipe. Pour cela, il fait enfin tomber les barrières mentales érigées dans l'esprit de la jeune fille, assez mûre désormais, pour utiliser sa télépathie sans sombrer dans la folie et la dépression.

Au moment où les murs mentaux se brisent, quelque chose semble à nouveau s'éveiller en Jean. Comme une habitude longtemps oubliée. Comme se resservir d'un membre resté trop longtemps dans le plâtre. Un petit goût frais de liberté. En y repensant, je dois beaucoup aux Z'Nox. Sans leur plan -mal élaboré de surcroît- d'envahir la Terre, peut-être que Xavier n'aurait jamais pris le risque de libérer l'esprit de Jean.

La mascarade aurait pu s'achever rapidement avec la mort du mutant métamorphe au combat, et aux yeux de tous, sauf de Jean, la mort de Charles. Ce dernier insiste auprès de la rouquine pour faire croire aux autres qu'il est bel et bien décédé, afin de continuer sa préparation contre l'invasion. Secret qu'elle ne doit révéler à personne. Pas même Scott. Lors des funérailles, il n'est pas dur pour Jean de joindre ses larmes à celle de ses compagnons en deuil. Usant de son empathie, elle fait en sorte de ressentir le chagrin de ses camarades et ce sont de véritables sanglots qui l'étreignent lorsque le cercueil disparaît en terre.
La culpabilité du secret la ronge.

Suite à cela, les X-Men se séparent un temps. Quelques mois pendant lesquels, malgré la distance, Jean maintient la liaison télépathique avec chacun. Quelques mois pendant lesquels, elle goûte à une vie simple. Presque normale.

L'appartement partagé avec Scott, choisi ensemble, n'est pas des plus grands. Ni des plus beaux. Mais aux yeux de Jean, il n'y en a pas de plus parfait. Ils prennent des petits boulots, rien de très sérieux, juste histoire de payer le loyer et les courses. Un poste d'animateur radio pour Scott, des débuts dans le mannequinat pour Jean. Cela lui permet de continuer ses études en parallèle, et elle a déjà surpris Scott à collectionner ses photos ramenées chez eux.

Mais les beaux jours sans soucis ne durent pas, ils ne durent jamais. Pas pour le commun des mortels, et encore moins pour eux. Ils ont cet héroïsme ridicule qui les poussent à voler au secours des autres, parfois au détriment de leurs propres vies.
C'est ainsi que les X-Men se forment à nouveau pour se mettre en travers des mutants malveillants, des aliens un peu trop envahissants, et d'autres créatures diverses. Au fil de ces mois, Jean se forge d'avantage, améliorant sa télépathie, ainsi que ses capacités de combat physique.

Vient enfin la révélation sur la mascarade du professeur Xavier. Les Z'nox sont sur le point d'arriver, et c'est peu avant l'affrontement qu'il somme Jean de réunir l'équipe au manoir. Quand Charles entre dans la pièce où ils sont en train d'attendre, la rouquine à ses côtés, les questions fusent parmi des exclamations de surprise. Le télépathe calme ses élèves afin de leur expliquer la situation. À la mention du fait que Jean était au courant depuis le début, le regard lourd de ses camarades pèse sur elle. Malaise. Culpabilité. Ses yeux cherchent ceux de Scott, et les verres pourpres ne suffisent pas à masquer sa déception. Son coeur se serre douloureusement. Mais le temps des explications touche à sa fin. L'heure n'est plus aux paroles : un vaisseau Z'nox atterrit en Antarctique, pôle magnétique sud de la Terre.

Le combat contre la créature qui défend le vaisseau éclaireur est sans merci. Les X-Men utilisent toutes leurs ressources tandis que le professeur Xavier attaque la planète elle-même des Z'Nox en pleine approche. Même ainsi, même en unissant les personnalités et esprits d'humains par millions afin de vaincre et empêcher l'invasion, Charles n'effleure pas la puissance enfouie au fond de celle que j'ai choisie. Son approche est cependant un succès et alors que l'espèce monstrueuse prend la fuite, Jean et ses compagnons font exploser le vaisseau éclaireur dont les débris coulent au fond de l'Antarctique.

Fiers et forts de cette victoire conséquente, la vie reprend son cours pour Jean et ses camarades. Une longue explication avec Scott concernant la mascarade du professeur et le jeune homme semble comprendre la position délicate dans laquelle se trouvait sa petite amie. Jean, désormais débarrassée du fardeau du mensonge et de la culpabilité, l'esprit littéralement libéré, continue ses études tout en assumant son rôle au sein des X-Men. L'équipe s'agrandit au fil des mois, accueillant deux personnes qui sans qu'elle ne le sache, deviendrait également très importante pour Jean.
Ororo, pour commencer. Au début, c'est une certaine méfiance de la part de la rouquine, voir une incompréhension. Mais elles sont jeunes, vingt ans, et après quelques temps, Jean se retrouve à rire aux côtés de Storm en l'aidant dans ses cours. Elle aussi, montre le souhait d'instruire aux futurs élèves de l'école Xavier.
Logan, également. Son tempérament impétueux rend l'intégrité auprès des autres compliquée, mais étrangement, la rouquine noue rapidement une amitié avec lui. Naïve, innocente, n'ayant d'yeux que pour Scott, elle ne se rend d'abord même pas compte de l'attirance de Wolverine à son égard.

On peut dire que la vie suit son cours. Avec ses hauts, ses bas. Ses combats. Victoires et défaites. Les liens unissant les X-Men et le professeur s'étoffent, se renforcent, jusqu'à sembler devenir indestructibles. Mais ce genre de choses est souvent illusoire, et c'est le plus beau jour de sa vie que Jean va s'en rendre compte.

Ils ont décidé de le faire à l'Institut. Après tout, n'est-ce pas là leur véritable foyer ? Ils sont beaux, tous autant qu'ils sont. Le soleil de juin étale ses rayons avec force, ignorant que la flamme qui brûle au fond de Jean suffirait à éclairer un univers d'obscurité et de ténèbres. Storm, sa demoiselle d'honneur, termine de placer les fleurs blanches dans sa coiffure, contrastant avec le feu de ses cheveux. C'est avec émotion que la rouquine serre sa meilleure amie dans ses bras. Rien ne semble pouvoir ternir ce moment, pas même Logan qui vient toquer à la porte de la chambre une fois Storm parti quelques instants. Jean lui adresse un sourire beau mais triste, car la douleur dans le coeur de son ami la touche plus que de raison. Si elle compatit, les mots de Logan la font vite tomber dans une certaine colère. Il lui dit qu'elle est magnifique, que Scott ne la mérite pas. Elle se laisse atteindre par cette main puissante qui la prend par la taille, mais pas par ses paroles. Furieuse. Furieuse qu'il tente en ce jour de venir lui faire changer un avis ancré en elle depuis près de dix ans. Furieuse de se sentir attristée par le coeur serré de Logan. Elle le repousse cependant, fermement. Lui exprime sa déception, lisant ensuite celle du mutant dans ses yeux. Il quitte la pièce non sans colère sous la détresse de la rouquine. Heureusement, Storm revient rapidement à ses côtés, sachant trouver les mots justes pour effacer l'air sombre de son amie et la guider avec fierté jusqu'à la cérémonie.
Ils sont aveuglés par le bonheur autant que Scott par le sourire de celle qui est désormais sa femme. Ils sont jeunes, ils sont beaux. La vie leur ouvre les bras. Moi aussi.
Ils ne voient pas la tempête qui approche. Ils ne voient pas les nuages au-dessus de leurs têtes. Alors qu'ils s'unissent en tant que mari et femme, une moto s'éloigne du manoir.

Noël, une année plus tard. La neige qui tombe doucement sur New York dont les rues décorées font la joie des petits et des grands. Jean, accompagnée de ses amis et de son époux, reviennent d'une journée de détente à la Grande Pomme. Sur la banquette arrière du mini-van de l'un des membres de l'équipe, la rouquine se blottit contre Scott, les joues et le nez encore rougi par le froid de la patinoire de Central Park où ils ont passés les derniers instants de leur jour de repos. À l'avant, deux de leurs amis chantent avec la radio. Logan quant à lui, semble résigné au nouveau nom de famille de la rousse et ils ont même passé quelques instants ensembles à la patinoire, Jean l'aidant à tenir debout sur la glace devant l'hilarité des autres X-Men. Depuis quelques mois, Jean a rejoint le corps enseignant de l'Insitut Xavier, d'abord en tant que professeur de psychologie, appuyée par son diplôme fraîchement et aisément obtenu, mais également en tant qu’entraîneuse des pouvoirs. Ce n'est pas tous les jours faciles, mais aider ces enfants et pour les aider à vivre et s'intégrer dans ce monde lui donne le sentiment d'être quelqu'un de bien, en dépit des préjugés de cette société de plus en plus catégorique à l'encontre des mutants.
Le véhicule continue sa route dans la campagne américaine avant de se faire brusque éjecter dans un champ, comme heurté par une force invisible. Le van fait plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser au milieu de la neige. Jean, dont la tête se cogne dans l'accident malgré le réflexe des bras protecteur de Scott autour d'elle, perd connaissance un instant. Quand son époux réussi à la faire revenir à elle, la moitié de leurs amis ont disparu. Emportés par les Sentinelles. Par télépathie, Jean contacte immédiatement le professeur pour lui expliquer la situation. Moins d'une heure plus tard, les X-Men restant sont prêts et s'envolent au secours de leurs amis, sans savoir que cette mission imprévue serait fatale à la rouquine du groupe.

Devant faire face aux X-Sentinelles, répliques mécaniques, robotiques de leur première équipe des X-Men, ces derniers les affrontent sur la station spatiale où sont retenus leurs camarades. Ils finissent par triompher de leurs efforts communs et c'est à bord d'une navette spatiale qu'ils prennent le chemin du retour. Pendant les affrontements, je l'ai senti arriver. Inévitable et destructrice. Tempête solaire. Et alors que Jean et les X-Men se pensent tirés d'affaire, le cockpit précédemment endommagé par la même explosion ayant mis hors d'état de nuire le maître des Sentinelles, complique les choses. Les radiations solaires affectent le pilote qui quitte les commandes et c'est la panique. L'homme annonce clairement qu'aucune des personnes présentes n'est capable de les sortir d'une telle situation, car il faudrait accéder à l'ordinateur de pilotage dont les commandes se trouvent exclusivement dans la cabine inondée de radiations. Jean pince les lèvres à cette annonce et se porte immédiatement volontaire. Ah, Jean, sa bonté la perdra.
Immédiatement, Scott expose son refus, et la stupidité de ce qu'avance la rouquine. Lui demandant depuis quand est-elle pilote spatiale qualifiée. Ce à quoi Jean réplique en posant sa main sur le front du pilote, utilisant sa télépathie pour lire dans l'esprit de l'homme les compétences nécessaires et les assimiler. Bien entendu, cela ne convainc pas Scott et en dépit de l'aspect critique de la situation, il s'interpose entre sa femme et la cabine de pilotage. Il panique, la tient fermement par les épaules et lui maintient qu'elle ne sera pas capable de survivre aux radiations. Pour la première fois en dehors de leur lien télépathique, Jean utilise ses pouvoirs sur l'esprit de son mari pour lui faire perdre conscience. Alors qu'il s'écroule dans ses bras, elle presse ses lèvres sur ses lèvres front en fermant les paupières. Pardon, Scott.

Mais à peine fait-elle perdre connaissance à Scott que c'est Logan qui s'en mêle. Peut-être pour la première fois, il semble d'accord avec son rival de toujours et tente d'empêcher Jean, de la détourner de sa décision. Avec le temps, il devrait pourtant savoir qu'il n'arrive jamais à la faire changer d'avis. Tout comme pour son époux, Jean fait tomber le mutant inconscient pour quelques instants et le laisse reposer sur le sol de la navette en l'embrassant sur le front. Pardon, Logan.

À ce stade, les autres comprennent que rien ni personne ne détournera Jean de son but et bien qu'ils désapprouvent, ils laissent la rouquine s'entourer d'un bouclier télékinétique pour pénétrer dans la cabine. Sans perdre une seconde, elle se rue vers l'ordinateur de bord pour y entre le nouvel itinéraire. Mais l'auto-pilote est hors de fonctionnement et c'est manuellement que Jean doit diriger la navette. Plus les minutes passent, plus elle sent son bouclier s'affaiblir face à la puissance des radiations. Alors elle commence à paniquer.

« Pitié, mon Dieu, j'ai si peur. Je ne veux pas mourir. »

De l'autre côté, la voix de Scott résonne, premier à avoir repris connaissance. Elle sait que ses amis le retiennent d'ouvrir la porte, car cela signerait leur perte à tous. Scott hurle. Il supplie. Jean ferme les paupières un instant. Battements de coeur erratiques qui semble résonner jusqu'au plus profond de l'univers. Jusqu'à moi.
Elle tient bon, Jean, malgré la douleur insupportable. Les minutes qui passent semblent des heures. La rousse a du mal à respirer. À tenir debout. À penser. Ces dernières ne sont dirigées que vers une seule personne alors que les radiations ont raison de la mutante et de son intégrité physique.

« Scott ! »

Elle aurait pu crier mon nom, Jean, que cela aurait eu le même effet. Son appel silencieux, son amour et sa puissance semblent déchirer l'univers. Son désespoir fait trembler les étoiles. Je sais alors que c'est le moment que j'attendais depuis toujours. Elle n'est plus qu'un corps desséché, cheveux désagrégés, peau momifiée, lorsque je m'impose pleinement à elle. Comme une musique dans son esprit, je m'insinue, claire, puissante. Lumineuse. Elle questionne, qui suis-je, qu'est-ce que je suis. Sans remords, sans regret, je manipule cette pauvre humaine qui prie pour sa vie. Je me présente bonne, aimante, rassurante. Elle a prié, et je l'ai entendue, Mère des étoiles. Elle n'en reste pas moins suspicieuse, curieuse de savoir ce que j'attends d'elle en échange de mon aide. Elle hésite, Jean, quand je lui explique que nous ne ferons plus qu'un, pour son salut, comme pour le mien. Je lui offre des pouvoirs encore plus grands que ceux qu'elle possède déjà. Mais Jean est humble, et effrayée. Elle pense qu'une seule personne ne devrait pas posséder tant de puissance. Comment peut-elle accepter ? Mais elle connaît la réponse, car sinon, elle n'aurait pas prié. Je me fais plus insistante, plus entêtante au fond d'elle alors que sa peau commence à disparaître sur ses os. Le choix lui appartient, même si il est déjà fait.

« Je vendrais mon âme au diable lui-même pour sauver mes amis. Pour sauver Scott. Et je veux vivre.  »

Jean capitule, s'offre à moi en échange de la vie sauve de ceux qu'elle considère comme sa famille. J'entends la musique des étoiles quand la mutante s'abandonne, la parole même de l'univers. La résonance de toute chose vivante. Tenant mon engagement, j'active l'auto-pilote afin que la navette continue son chemin vers la maison, emportant ce qu'il reste de Jean avec moi. Son âme, son coeur. Quand ils atterriront, les X-Men ne trouveront aucun corps dans la cabine.

J'emporte l'essence de Jean et me dirige vers la Terre. Je nous entoure d'un cocon et nous place au fond de Jamaica Bay, au sud de Long Island. Il ne reste plus rien de concret appartenant à la mutante sacrifiée pour ses frères. Pour son amour. Le processus sera long pour la reconstruire, mais quand il sera achevé, je serais moi-même en sommeil un temps au fond d'elle. Après des années à la reconstruire, ce sera à mon tour de prendre du repos en attendant à nouveau mon heure. Mais je n'ai pas peur, je ne suis pas impatiente. Car désormais, je fais partie intégrante de Jean.

⊗⊗⊗

Cela commence par un murmure. Un simple murmure chaud et familier. Rassurant. Un murmure dans lequel je voudrais m'endormir. Me rouler en boule pour l'éternité. Je crois que c'est ce que je fais. Je le laisse s'insinuer, me porter. Il caresse mon front, mes flancs. M'entoure de ses bras. Cette sensation agréable ne dure pas. La chaleur s'éteint peu à peu, remplacée par un froid glacial. Je me sens trembler sans pouvoir m'en empêcher. Quelque chose d'étrange serre mon coeur, m'empêche de respirer. Me panique. Quel est donc ce sentiment ? De la peur ? De l'inquiétude. La sensation monte crescendo jusqu'à me faire suffoquer. J'essaie d'inspirer, mais c'est de l'eau salée qui emplit mes poumons. J'ouvre finalement les yeux.
Je suis en train de me noyer. Littéralement. Paniquée, je bats des jambes et des bras vers la clarté au-dessus de moi. Elle semble si loin. Mes poumons semblent exploser. Des points noirs dansent devant mes yeux. Par miracle, je sors la tête de l'eau en toussant, crachant, inspirant l'air qui brûle mes poumons comme un nouveau-né. Je dois fermer les yeux, éblouie par la lumière du jour comme si cela faisait des années que je ne l'avais pas vue. Tant bien que mal, je nage vers la terre la plus proche, petite plage de galets en abord de ville. Je réalise que je suis entièrement nue quand je m'écroule sur le sol, le visage dans les cailloux. Je tente de reprendre ma respiration, devant m'y reprendre à plusieurs fois pour ouvrir les yeux. Je roule sur le dos, incapable de me relever. Combien de temps reste-je ainsi à fixer le ciel et le soleil, l'esprit bousculé par des questions et des incompréhensions ?
Qui suis-je ? Où suis-je ?
Mon coeur est toujours étrangement serré et bat sourdement malgré que ma respiration soit devenue calme et profonde. Un visage danse devant mes yeux. Rapidement rejoint par d'autres. Comme des flashs, des souvenirs s'imposent à moi, se réveillent. Les pièces du puzzle s'assemblent alors que je trouve la force de me redresser pour m'asseoir, regard hébété.
Je suis Jean Grey, et je suis vivante.
Le murmure revient, entêtant. Envoûtant. Comme une musique oubliée. J'ai besoin de toi, Jean.
Mon coeur explose.
J'arrive, Scott.




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WE COME INTO THIS WORLD ALONE AND WE LEAVE THE SAME WAY. THE TIME WE SPENT IN BETWEEN, TIME SPENT ALIVE, SHARING, LEARNING TOGETHER... IS ALL THAT MAKES LIFE WORTH LIVING.


Dernière édition par Jean Grey-Summers le Mar 15 Nov - 22:15, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mar 15 Nov - 20:30




suite histoire




« J'ai besoin de toi, Jean. »

Je ne sais pas si j'invente ce murmure. Cette voix. Cet appel. Tout est encore trop confus. Pourquoi, comment suis-je atterrie dans cette baie ? La dernière chose dont je me souviens, c'est la tempête solaire alors que nous quittions la station spatiale où es Sentinelles avaient emmené nos compagnons. Ensuite, plus rien. Un immense trou noir qui semble s'étendre bien au-delà des limites d'un simple sommeil.

«  J'arrive, Scott. »

La seule chose dont je suis vraiment certaine, c'est que Scott a besoin d'aide. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas comment. Mais cela résonne en moi avec force, l'écho de sa voix dont je me souviens très clairement se cognant au fond de mon corps et de mon esprit. Je dois rentrer. Je dois retourner à l'Institut. A la maison. Mais je suis nue, seule, et mes jambes veulent à peine me porter debout. D'un soupir, j'use de ma télékinésie pour m'aider à me redresser sous le soleil tapant d'un début d'été qui s'annonce caniculaire.

« Excusez-moi, vous allez bien ? »

Je sursaute violemment à la voix qui se fait entendre dans mon dos et, oubliant ma nudité, je fais volte-face d'un bond pour me retrouver face à un jeune couple d'une vingtaine d'années. Surprise, je n'arrive qu'à bégayer et c'est finalement la jeune fille qui reprend la parole en désignant une voiture garée en amont.

« Vous avez l'air... Perdue, vous voulez qu'on vous dépose quelque part ? »

Machinalement, comme un automate, je suis les deux jeunes gens jusqu'au véhicule. Toutefois, je sonde leurs esprits, à peine, juste assez pour s'assurer qu'ils n'ont pas de mauvaises intentions. Je ne m'aventure pas plus loin, j'ai toujours vu cela comme une intrusion, une violation de la vie privée, et je ne sonde l'esprit des autres qu'en cas d'extrême nécessité. M'assurer de leur bienveillance étant donné l'étrange situation dans laquelle je me trouve me semblait être la moindre des choses.
A la voiture, la jeune fille réitère sa gentillesse à mon égard.

« Nous sommes des touristes, nous faisons du camping alors j'ai pas mal d'affaires... Tenez, cela devrait vous aller. »
« Merci beaucoup, » je souffle en prenant le legging coloré et le tee-shirt qu'on me tends avec générosité. C'est vrai que je ne suis pas bien grande et la jeune fille non plus. Je n'attends pas pour les revêtir avant de prendre place à l'arrière du véhicule. Rapidement, je m'observe dans le rétroviseur et je me trouve... Changée. Comme si j'avais pris dix ans d'un coup. Mes cheveux sont étrangement long comparé à ce que je me souviens.

Sortant de mes pensées, je donne l'adresse de l'Institut au couple sans préciser non plus le nom du lieu. On ne sait jamais.
Pendant l'heure et demie de trajet, je ne dis pas grand-chose. Evidemment, le couple m'interroge sur ma présence et ma situation à Jamaica Bay, et je prétexte une sortie entre amies qui a un peu dégénérée, leur offrant un sourire amusé de façade. Car je n'ai pas envie de sourire, malgré leur gentillesse et la bonté, le murmure incessant de Scott résonnant toujours dans mon esprit occupe tout mes pensées. Je m'inquiète, toujours dans l'incompréhension. J'essaie cependant de me calmer en me disant que j'aurais bientôt résolu ce mystère et qu'en effet, j'ai peut-être but un peu trop la veille, ce qui expliquerait le coup de vieux. Et le trou de mémoire.

Le paysage défile sous mes yeux et finalement je demande au jeune couple de me déposer une centaine de mètres avant l'école. Je ne sais comment les remercier de leur gentillesse et c'est avec un petit sourire que je regarde la voiture disparaître au détour d'un virage avant de continuer de suivre le chemin vers l'Institut. Mes pieds nus, je marche sur le bord de la route, entre bitume et pelouse, une étrange sensation de trac me nouant l'estomac au fur et à mesure que j'avance.
Quand l'Institut Xavier se dresse finalement devant mes yeux, une boule se forme dans ma gorge sans que je ne comprenne pourquoi. L'endroit est reconnaissable entre mille et pourtant il semble... Différent en un sens. J'observe un instant les lieux calmes, élèves sans doute en pleine leçon, et je remonte les allées de petits cailloux. Mêmes les jardins semblent différents. Une sépulture attire mon attention. Celle que l'on avait dressé pour le professeur Xavier à l'époque où il se faisait passer pour mort avait été enlevée, je m'en souviens clairement. Alors pourquoi était-elle encore là ? Cela m'intrigue beaucoup trop et mes pas ne peuvent s'empêcher de dévier du chemin en direction de la tombe. Le soleil m'éblouie et je plisse les yeux en lisant l'inscription.

« Jean Grey-Summers
1977 - 2006 »

Je me sens défaillir. Incapable de bouger, je fixe la sépulture, hésitant sur ce que je suis censée ressentir. Est-ce une blague ? Dans ce cas elle est de mauvais goût. Les fleurs sont fraîches, nombreuses, comme si elles étaient changées régulièrement ou juste déposées à l'instant. Quelque part au fond de moi, je repousse cette impression qui essaie de me convaincre de la véracité de l'objet. Mais mon coeur bat sourdement, mon estomac se tord. Comme lorsque l'on s'obstine à nier une évidence. Petit à petit, les connexions se font. Le modèle de la voiture inconnu à mes yeux, les vêtements du jeune couple, cette impression d'avoir pris presque dix ans. Ma faiblesse sur la plage. Mes cheveux longs.

«  Oh mon dieu... »

Les mots m'échappent alors que je place mes mains devant ma bouche en dépit du fait que je manque soudain d'air. Je me détourne de la tombe, encore plus perdue que précédemment, et me précipite vers l'école. Mon pas rapide devient course et j'ouvre la porte d'entrée à la volée. Le hall est vide, et même en me concentrant, je n'entends rien. Aucune pensée. Aucune voix. Rien qu'un vide inquiétant et anormal. Je fais abstraction de tout cela pour me focaliser uniquement sur le plus important.
Il est là.
Je reprends mon chemin, toujours aussi précipitée, n'entendant même pas le bruit de mes pas à cause de mon coeur qui bat à mes tympans comme un tambour funeste. Les couloirs ne sont que couleurs floues et esquisses informes alors que je me rue vers la porte donnant sur le garage. Comme celle d'entrée, je l'ouvre à la volée et déboule dans la pièce immense où sont stockés plusieurs véhicules.
Il est là.
Même de dos, je sais que c'est lui. Même dans le noir. Même à l'autre bout du monde.
Ma voix se brise par deux fois avant que je ne réussisse à parler, essoufflée.

«  Scott... »

Le garage est silencieux, porteur de cette odeur familière de voiture et d'outils. Je ne suis pas surprise d'y trouver Scott. L'inverse ne semble pas réciproque. Plus que de la surprise, je vois un véritable étonnement de sa part. Comme lorsque l'on assiste à un miracle, et cette constatation ne me trouble que davantage. De plus en plus, la sépulture dans le jardin pèse sur mes épaules. Il me fixe comme s'il voyait un fantôme. Un reliquat du passé.

« J-Jean ? C'est... C'est bien toi ? »

Mon esprit confus ne comprends pas pourquoi mon corps réagit comme s'il entendait cette voix pour la première fois depuis des années. J'étouffe un sanglot impulsif d'une main contre ma bouche en fermant les yeux. Un déni le plus total s'installe alors que j'ai soudainement l'envie de m'enfuir en courant. Si je suis bien morte comme la tombe et l'attitude de Scott le hurle, je n'ai rien à faire ici. Je n'ai pas à chambouler tout cela.
Mais où sont Storm, Logan, le professeur ? Que s'est-il passé ? Mon besoin de réponses est plus fort que tout. Non, c'est faux. Il n'est rien comparé à mon besoin de me jeter contre Scott pour le serrer à l'en étouffer. Je me retiens cependant, face à ses doutes, à sa méfiance. Mes paupières dévoilent mes yeux remplis de larmes mais qui refusent de couler, ma main quitte ma bouche pour rejoindre sa jumelle, mes doigts se tordent nerveusement. A travers les verres pourpres, je capte le regard de Scott. Tout comme lui, je me contente d'un pas en avant, frémissant de la fraîcheur du sol sous mes pieds.

« Bien sûr, que c'est moi... »

Je ne sais que dire de plus convaincant. Les mots s'enfuient de mon esprit. Comment expliquer ce genre de choses avec de simple mots ? Mes doigts nerveux frottent l'endroit où est censé se trouver mon alliance, mais elle n'était pas non plus là à mon réveil. Machinalement, j'ai ce geste, ce réflexe de repousser derrière mon oreille une mèche de cheveux, ces derniers sentent le sel.

Sans finalement m'en rendre compte, je réduis la distance entre nous, venant me placer en face de Scott. Hésitante sur sa réaction, je n'use pas de notre lien télépathique si particulier que j'ai établi entre nous deux. Il est trop méfiant pour l'instant, craintif que je ne sois qu'une illusion de son esprit ou pire encore. Je laisse donc de côté les pensées, peu désireuse de le faire croire à une manipulation mentale.
Alors je cesse de tordre mes doigts en inspirant doucement et prend l'une des mains de Scott entre les miennes. Je la lève pour la porter sur ma propre joue en le regardant à travers ses lunettes. Mes yeux dérivent sur son visage. Tout comme mon propre reflet précédemment, il semble plus vieux. Ses traits sont toujours les mêmes, mais plus soucieux. Tiraillés par des problèmes que je devine conséquents et dont j'appréhende la découverte.
Je garde sa main contre ma joue et ce contact, cette chaleur, fait finalement déborder mes yeux. Les perles salées roulent sur mon visage, se heurtant aux doigts de Scott.

« C'est moi, Scott. » Je me répète, une supplique dans le fond de la voix. Pitié, ne doute plus. Pitié, prends-moi dans tes bras. Serre-moi jusqu'à ce que l'univers explose.

Le temps semble suspendu dans le garage alors que je presse contre ma joue la main de Scott. Je n'y puis rien et malgré ma détermination, les larmes roulent sur mon visage, inévitablement, débordant de mes paupières qui papillonnent pour les chasser.
Nos regards s'accrochent à travers les verres teintés et enfin, il fait ses premiers gestes envers moi. Après avoir essuyé mes larmes comme il l'a souvent fait, je me retrouve contre lui soudainement, et cette étreinte me coupe le souffle. A son image, j'enfouie mon visage contre lui, inspirant profondément. Son odeur si familière m'arrache un tremblement alors que mes doigts se crispent sur son tee-shirt. J'ai l'impression d'avoir attendu ça depuis toujours.
Les secondes s'écoulent et je laisse les grains passer de l'autre côté du sablier, ne bougeant pas, ne faisant rien d'autre que respirer l'odeur de mon époux.

« Jean… Tu es vivante… Tu es vivante ! »

L'étrangeté de ses paroles me tire un sourire un peu perdu. La voix de Scott vient de résonner en moi, caressant mon esprit. Je suis heureuse qu'il ait fait ce premier pas là, étape nécessaire pour lui prouver que je ne suis pas une quelconque imposture. Je savoure le son de cette voix que je connais depuis presque toujours et alors que je m'apprête à lui répondre par le même procédé, il me relâche.
Visage entre ses mains, son regard me fait sentir comme la plus belle et plus fragile chose du monde. Son trouble me touche, non pas à cause de mon empathie, mais parce que je connais cet homme plus que quiconque.
Ses lèvres se posent sur les miennes comme une délivrance. Des lèvres que je connais par coeur pour les avoir embrassées, caressées, sentit dans les moindres recoins de mon corps. Et pourtant, j'ai l'impression que ce baiser est le premier que nous partageons. Malgré le souvenir de cette nuit pluvieuse et alcoolisée à New York, c'est comme si mes lèvres se mêlaient aux siennes pour la première fois. Si mes larmes sont taries, le baiser garde une teinte salée.
C'est à contre-coeur que je romps le baiser, reculant mon visage sans pour autant faire un pas un arrière, non. Je reste contre lui, au milieu de sa chaleur et à mon tour, je lève une main à son visage. Effleurant du bout des doigts ses lèvres encore chaudes de notre baiser, je glisse sur sa mâchoire avec douceur. Je me souviens de tout le concernant. Rien n'est perdu. Sa façon de crisper sa mâchoire quand il est en colère, le pli soucieux entre ses sourcils quand il s'inquiète, son sourire en coin un peu prétentieux mais toujours tendre à mon attention. J'emprunte alors notre lien télépathique privilégié, petit sourire en coin malgré mon air perdu.

« Oh Scott... Evidemment que je suis vivante. Qu'est-ce que... Pourquoi il y a une tombe à mon nom dehors ? Et comment... Je me souviens de l'attaque de sentinelles comme si c'était hier. De la tempête solaire et... Plus rien. Que s'est-il passé ? Vous êtes tous rentrés sains et saufs ? Storm, Logan ? Et depuis quand je... »

Au fur et à mesure de mes pensées, mon sourire s'estompe et je pousse un soupir en regardant autour de moi d'un air perdu avant de revenir à mon époux, ma main glissant de sa joue à sa nuque.

« Excuse-moi, je... Je ne comprends pas. C'est comme s'il y avait un trou immense dans ma vie, comme s'il ne s'était rien passé entre hier et aujourd'hui. Est-ce que la navette a fini dans la baie ? Il n'y avait aucune trace d'atterrissage forcé ni quoi que ce soit. Pourquoi personne n'a... cherché mon corps ? » Je pense cette phrase au ralentit avant de laisser planer un silence télépathique, et de reprendre finalement à voix haute. « En quelle année sommes-nous, Scott ? » A cet instant, je reconnais à peine ma voix, lointaine, comme si quelque chose au fond de moi savait déjà que la réponse allait être traumatisante.

Mon coeur tambourine si fort à mes oreilles que j'ai du mal à entendre la voix de Scott, lisant à moitié sur ses lèvres d'un air hagard. Les jambes tremblantes, je m'accroche d'une main au bras de l'homme en face de moi. Celui qui m'annonce que je suis morte depuis huit ans, celui que j'ai épousé et qui depuis huit ans, est devenu veuf. Mais je ne suis pas morte. Je ne peux pas l'avoir vraiment été. Les morts ne reviennent pas à la vie ainsi, du jour au lendemain, comme si de rien n'était.
Machinalement, je secoue la tête. Légèrement, sans même m'en rendre compte. Le déni est toujours là, se nourrissant de mon incompréhension. Mais plus les secondes passent, moins je peux refuser cette réalité. Le poids de la tombe sur mes épaules s'accentue aux paroles de Scott. Indéniablement, la culpabilité se joint à cet enchevêtrement d'émotion.

« Tu nous as tous sauvé ce jour-là. »

Culpabilité inébranlable malgré les paroles du X-Man. Oui, je les aie sauvés, comme je le souhaitais. Comme je le voulais plus que tout au monde, refusant de laisser mes amis périr. Je m'en souviens comme si c'était hier. C'est hier, pour moi. Les suppliques de Scott pour que je n'accède pas aux commandes. Il l'avait dit, que j'étais incapable de survivre. Que j'allais mourir. Il avait raison. Et moi, pleine de mon orgueil, de mon désir de tous les sauver, je m'étais perdue. Visiblement. Je l'avais abandonné avec un seul baiser et des excuses pathétiques. Comment fait-il pour ne pas me détester ? Comment fait-il pour me prendre dans ses bras à nouveau ? Comment fait-il pour supporter tout ça ?

« Je suis tellement désolée, Scott. »

Encore une fois, la seule chose que je parviens à lui offrir, ce sont des excuses. Fades, minables, à peine murmurées contre son oreille. Le pire dans tout ça, c'est que je ne sais pas quoi dire de plus. Comment expliquer quelque chose que je ne connais pas moi-même ? J'ai beau me creuser l'esprit, le retourner, le tordre, il n'y a rien. Rien d'autre que le vide. Mes derniers souvenirs sont dans cette navette, et même alors, je ne pensais qu'à Scott. Je ferme les yeux en profitant de l'étreinte de cet homme. Cet homme que j'ai aimé jusqu'à mon dernier souffle, et que j'aime encore plus que tout au monde.

« Ce qu'il s'est passé... Je suis incapable de l'expliquer, » je confesse doucement en serrant mes bras autour de lui. « J'étais dans la navette et... j'ai repris connaissance au fond de l'eau. Je me noyais. » Je revenais à la vie. « Ce sont des jeunes qui m'ont donné des vêtements et emmenée jusqu'ici en voiture, je suis directement rentrée... » Ma gorge est sèche, puis secouée d'un rire nerveux. « C'est idiot mais... J'ai entendu ta voix, Scott. J'étais comme...  endormie, j'étais bien, je crois. Et puis ta voix a commencé à résonner. Doucement d'abord, de plus en plus fort, jusqu'à envahir tout l'espace. Comme s'il n'y avait qu'elle qui comptait. » Comme si c'était la chose la plus importante de l'univers. « J'ai sentit que quelque chose n'allait pas, quelque chose de grave, et je me suis... Réveillée. » Je recule mon visage pour lever les yeux vers lui pour continuer : « Qu'est-ce qu'il se passe, Scott ? Qu'est-ce que j'ai manqué ? »

⊗⊗⊗

Scott passa des heures à me raconter les huit dernières années. Huit ans. Huit années perdues, envolées. Pendant lesquelles le monde n'a cependant pas cessé de tourner. Les Avengers. Les Chitauris et la bataille qui a ravagée New York, ou une grande partie. Les démêles, toujours puissants et présents, avec la Confrérie. Le Registration Act, et encore tant de choses. L'école, qui n'est plus. Fermée. La nuit tombe, s'avance grandement jusqu'au petit matin quand Scott termine enfin son récit. Tout assimiler est difficile. Autant que pour lui de voir sa femme revenue à la vie. Ce fait reste encore un mystère, et j'espère que le Professeur Xavier pourra m'aider à le percer.
Avec Scott et les autres X-Men, il a été convenu que je retrouve dans l'immédiat mes anciens postes au sein du groupe. Plus que jamais, l'équipe a besoin d'unité. C'est donc avec une certaine joie que je recouvre mes fonctions de professeur de psychologie de façon clandestine, médecin, thérapeute, mais également celles de porte-parole et représentante politique des X-Men. Tout semble revenir à la normale. Pour montrer la coopération des X-Men, même si tous ne sont pas d'accord, je me suis fait recensée. Afin de donner une bonne image du groupe, chose capitale même après le démantèlement de l'école.
Mais je ne peux m'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment. Tant à l'égard du monde entier, qu'envers moi-même.


chronologie récapitulative


Etant donné que j'utilise principalement des événements comics et que même, je ne les mentionne pas tous et je ne mentionne pas non plus les événements MCU même si je les prends en compte... Pour pas vous pondre une histoire encore plus longue *tousse* Voici une petite chronologie pour vous aider à y voir plus clair !

▬ 1977 : Naissance de Jean Grey à Annandale-on-Hudson, dans le comté de New York.
▬ 1987 : Jean rencontre Charles Xavier suite à la découverte de sa mutation, elle même provoquée par la mort de sa meilleure amie.
▬ 1989 : Première rencontre télépathique avec Scott Summers.
▬ 1990 : Charles lui parle de l'Institut Xavier qu'elle rejoint en tant que première élève féminine. Elle y rencontre Scott en chair et en os qui ne se doute pas du lien précédent.
▬ 1995 : Jean étudie au Metro College et y décroche précocement un doctorat en psychologie.
▬ 1997 : De retour chez les X-Men, Jean retrouve enfin sa place.
▬ 2000 : Jean et Scott se mettent enfin en couple.
▬ 2005 : Année mouvementée pour Jean par l'arrivée de Logan, le mariage de Jean et Scott, et un énième combat contre la Confrérie.
▬ 2006 : Mort de Jean dans la navette spatiale pendant une mission.
▬ 2014 : Retour de Jean.






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Dernière édition par Jean Grey-Summers le Ven 18 Nov - 21:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mar 15 Nov - 21:04

Bienvenue ma chère !

Et bonne chance pour cette fiche ^^



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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mar 15 Nov - 21:12

Merci ma belle


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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mar 15 Nov - 21:58

Bienvenue à toi 8D



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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mar 15 Nov - 22:17

:bigeyes: Merci bb ♥️


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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Mer 16 Nov - 0:37

J'ai pas fini de lire (mon dieu faut que je dorme, un jour, d'ailleurs) mais j'approuve. DES MUTANTS PARTOUT ♥


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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Ven 18 Nov - 16:18

Bonsoir








Here shall we live in this terrible town. And the walls shall have eyes. And the doors shall have ears but we'll dance in their dark. And they'll play with our lives.
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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Ven 18 Nov - 21:55

Lisez ma fiche bande de schlags admin


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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Dim 20 Nov - 21:56


BOTTIN
RELATIONSHIPS
JOURNAL RP
RECHERCHE RP
WELCOME IN HELL
Bienvenue Jean, tu es validé/e en tant que mutante de niveau oméga. N'oublie pas d'aller indiquer la position de ton personnage concernant le Registration Act juste ici ! Le staff de KAPOW te souhaite une bonne aventure.

+ PETIT MOT PERSO : Jtm bb uhuh ♥




   
he's a ghost story
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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   Dim 20 Nov - 22:14

Ouuuh j'avais pas vuuuu merci bae ♥️♥️


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MessageSujet: Re: JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.   

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JEAN ⊗ I'm not Phoenix. I'm my own woman.

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